Hpa-An, la campagne birmane

Après Yangon, son côté trépidant, sa pagode Swhedagon et ses bâtiments coloniaux, changement radical de décor. De Yangon, nous avons pris un bus de nuit pour nous rendre dans la petite localité de Hpa-An, au sud-est de la Birmanie. Proche de la frontière avec la Thaïlande, ce n’est pas tellement Hpa-An que nous sommes venus visiter mais bien ses alentours qui regorgent surtout de temples et de paysages de rizières.

Une arrivée en pleine nuit

C’est en pleine nuit que nous avons débarqué à Hpa-An. Et pour cause, le dernier bus de nuit quitte Yangon aux alentours de 21 heures et le temps de trajet n’est que de 5-6 heures. C’est au pied de la tour de l’horloge de Hpa-An que le bus nous dépose. Si Hpa-An est suffisamment petite que pour s’y déplacer sans aucun problème à pied, nous avons tout de même emprunté un tuk-tuk pour nous conduire jusqu’au Galaxy Motel (2 x 1000 MMK). Fort heureusement pour nous, une chambre était encore disponible, nous donnant ainsi l’opportunité de prolonger notre nuit de sommeil moyennant 10 dollars (avec petit-déjeuner le lendemain). 

Jour 1 : à l’est de Hpa-An

Nous commençons mal cette première journée à Hpa-An car nous apprenons qu’il n’y a plus de place disponible dans les bus en direction du Lac Inle que nous devons prendre le lendemain soir. Ils ont tous été pris d’assaut à cause du festival qui s’y déroule. Kim, la gérante de notre hôtel, a contacté tout son réseau pour tenter de nous trouver une solution. Au final, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre un transport privé pour la rondelette somme de 350.000 MMK. Avec tout ça, l’heure passe et la matinée est déjà bien entamée. Nous décidons donc de prendre un tuk-tuk pour cette première journée. Notre chauffeur ne parle presque pas anglais mais il est adorable ! 

Notre premier arrêt est le Kaw Ka Thaung Cave. Il s’agit d’une grotte au sol carrelé (et glissant!) abritant de nombreux bouddhas que nous pouvons qualifier d’assez kitchs. Sur la roche, nous découvrons pour la première fois les parois rouges recouvertes de milliers de petits bouddhas, ce qui donne un effet quelque peu déconcertant. A l’extérieur, s’alignent en file indienne des dizaines de statues en face d’un petit lac. 

Après cette première visite, nous reprenons la route vers Saddan Cave (prix d’entrée 1000 MMK/pers). En chemin, nous passons par de magnifiques paysages de rizières et nous échangeons des signe avec de nombreux enfants se trouvant en bord de route dans les villages que nous traversons.

Arrivés à l’entrée de cette gigantesque grotte qui est gardée par deux imposants éléphants blancs, nous montons les marches pour entrer dans la première salle où se trouvent quelques bouddhas parsemés ici et là. Nous poursuivons ensuite notre chemin dans la pénombre de la grotte qui, on peut le dire, n’est pas très enchanteresse avec les odeurs d’excréments des milliers de chauves-souris qui l’habitent.  Nous sommes donc très contents lorsque nous débouchons, au fond de la grotte, sur un petit lac au milieu des rizières. Ce lieu est très beau avec quelques barques colorées et nous comprenons pourquoi un couple de jeunes mariés a choisi ce lieu pour s’y faire photographier.

De ce petit lac, il est possible de retourner en bateau vers l’entrée de la grotte. On nous demande 6000 MMK pour nous deux sur le bateau ou 2000MMK/personne si nous embarquons avec d’autres passagers. Nous allons finalement embarquer avec deux françaises et nous négocions le prix à 1500 MMK/pers. Le trajet à travers les rizières inondées, les montagnes et les fleurs de lotus est des plus agréables ! Un vrai moment de zénitude. L’une des françaises connaît bien la région car elle travaille pour l’agence locale « Myanmar Diaries » et nous explique qu’en saison des pluies, il n’est pas possible de prendre cette embarcation car le niveau de l’eau est alors trop haut pour passer dans les passages souterrains. 

Toujours guidés par notre sympathique chauffeur de tuk-tuk, notre prochaine étape est la Waterfall. ll ne s’agit pas d’une cascade mais de deux bassins où l’on peut se baigner habillé. Notre chauffeur nous propose de manger à l’une des échoppes mais nous ne sommes pas convaincus par le lieu et nous décidons de ne pas nous y attarder. 

Nous arrivons ensuite à Lumbini Garden où nous sommes surpris de devoir payer 4000 MMK/pers. Nous hésitons car nous trouvons le prix assez élevé pour traverser ce jardin où posent 1100 bouddhas. Finalement, on se laisse tenter car nous trouvons l’endroit assez photogénique. On y voit à perte de vue les bouddhas à la robe rouge et dorée alignés dans un vaste domaine avec en toile de fond le Zwe Ga Bin Mount (le plus haut massif de la région avec ses 723 mètres).  C’est sympa mais ça ne vaut pas le prix…

En poursuivant notre chemin, nous tombons par hasard sur un lâcher de ballons organisé par les locaux dans un champs. On voit une foule de bambins tout excités à faire envoler les ballons qui sont reliés par des centaines de mètres de corde auxquelles sont attachés des drapeaux de couleur. L’ambiance est à la fête. Nous passons là un bon moment et nous constatons que c’est aussi le cas pour notre chauffeur.

Nous terminons cette première journée à Hpa-An par la visite du Kyaik-Ka-Lat. Il s’agit d’un piton rocheux plus étroit à sa base qu’à son sommet où se trouve un stupa. Cette curiosité est entourée d’un lac artificiel mais l’ensemble offre un cadre magnifique. En fin d’après-midi, nous y venons au meilleur moment nous semble-t-il car nous pouvons profiter des derniers rayons de soleil de la journée et admirer le superbe coucher de soleil.

Pour dresser un bilan de cette journée en tuk-tuk, nous trouvons que ce moyen de locomotion est lent, bruyant et très « secouant ». Notre chauffeur était adorable mais il ne faut pas s’attendre à avoir des explications sur les lieux visités car la plupart des chauffeurs ne parlent que très peu l’anglais. Pour un tour privé, le coût revient à 35.000 MMK, ce qui est 5X plus cher que la location d’un scooter. Nous décidons donc de louer un scooter pour notre deuxième journée à Hpa-An. 

Jour 2 : à l’ouest de la rivière Thanlwin

Si nous n’avons pas de regret quant au fait d’avoir effectué en tuk-tuk notre première journée de visite à Hpa-An, on avoue que l’attraction de louer un scooter était  trop forte pour cette seconde journée. C’est en effet le mode de transport que l’on adore, que l’on privilégie et que l’on recommande ! Il est pour nous synonyme de liberté. Nous le louons directement auprès de notre hôtel pour la somme de 7000 MMK la journée et nous nous équipons de l’application maps.me pour nous guider.

Pour débuter cette journée, nous prenons la direction du temple Bayin Nyi Cave, le plus éloigné de Hpa-An. Il faut environ 45 minutes pour l’atteindre (30 kilomètres). L’itinéraire est très facile car on emprunte uniquement les routes principales. Une série de marche sont de nouveau à gravir pour accéder à cette grotte qui est en réalité assez grande si on souhaite la découvrir en profondeur. Elle ne restera pas pour autant dans les anales à nos yeux. Ce que nous avons finalement préféré est de tremper nos pieds dans la source d’eau chaude à l’entrée et d’observer les birmans s’y baigner dans une ambiance très bon enfant.

Notre second arrêt est la Yathei Pyan Cave. A notre arrivée, nous sommes ébahis par cette immense cavité gardée par de nombreux bouddhas (mais aussi des singes). Nous connaissons maintenant la chanson, nous grimpons les dizaines de marches pour pénétrer dans la pénombre de la grotte. L’entrée principale est toujours celle où l’on retrouve des bouddhas. En allant plus loin dans la grotte, on commence à avoir mal aux pieds en marchant à pieds nus sur les cailloux. Nous irons jusqu’à la passerelle extérieure à l’arrière de la grotte avant de faire demi-tour.

Non loin de là, nous allons ensuite à Kaw Gone cave (prix d’entrée : 3000 MMK/pers). Notre guide du Routard affirme qu’il s’agit d’un joyau à découvrir tant qu’il est encore temps car il est menacé par l’activité d’une cimenterie toute proche… C’est un lieu très particulier où on a  l’impression de pénétrer dans les entrailles de la roche. En effet, elle est tapissée de tablettes votives en terre cuite lui donnant une couleur rougeâtre, parsemée de couleur d’or, en épousant parfaitement chaque contour des parois. L’effet rendu est saisissant et on ne peut rester indifférent face à ces œuvres d’art déconcertantes. Nous terminons la visite de Kaw Gone Cave par la découverte d’un ma-gni-fi-que point de vue sur la campagne de Hpa-An. Pour y parvenir, il faut suivre, au niveau de l’accueil de la grotte (là où l’on paye le droit d’entrée), un chemin pavé qui mène à un escalier très escarpé.  

Après la visite de la Kaw Gone Cave et l’ascension des escaliers pour admirer le panorama, nous profitons pour nous poser et manger un bout au restaurant Thai Village. C’est un restaurant situé en retrait de la route qui mène à Kaw Gone Cave. L’endroit est très sympa : le personnel est serviable, les prix sont tout à fait corrects, les tables en bambou sont intimistes et situées dans un jardin qui jouxte les rizières. Nous le recommandons sans hésitation !

En reprenant ensuite la route, nous avons la joyeuse surprise de crever un pneu de notre scooter. Dans notre chance, nous trouvons à quelques centaines de mètres un petit atelier de réparation, que nous repérons facilement car nous avions déjà vécu une crevaison sur l’île de Java en Indonésie. Nous avons attendu dans le jardin de la maison familiale pendant qu’un voisin était parti chercher notre sauveur. Nous avons au final payé 600 MMK et  sommes repartis tout  heureux de pouvoir terminer notre journée sur notre engin.

Le dernier arrêt de la journée est la Bat Cave. Elle est avant tout réputée pour l’envol en fin de journée de milliers de chauves-souris. Nous sommes un peu à l’avance, et nous en profitons pour monter au sommet de la butte pour admirer une fois de plus l’horizon  sur les campagnes de Hpa-An. Le temps passe et toujours pas de chauves-souris en vue. Pourtant, elles sont bien là car nous reconnaissons l’odeur des excréments… Un groupe déjà présent la veille nous dit qu’elles n’étaient alors pas sorties. Finalement quelques birmans se mettent à tambouriner sur des seaux, provoquant la sortie tant attendue des chauves-souris. Il fait noir et même si l’on n’y voit plus grand chose, l’envol reste malgré tout spectaculaire. Après plusieurs dizaines de minutes, elles ne sont pas encore toutes sorties mais nous n’y voyons plus rien et nous devons repartir pour prendre notre taxi pour le Lac Inle.

Hpa-An en vidéo

Bilan

Pour nous, Hpa-An constitue clairement une étape incontournable dans un circuit « classique » du pays. Elle se trouve à seulement quelques heures de bus de Yangon et elle offre une belle facette de la campagne birmane. Même si cette région n’est pas inconnue dans le monde du tourisme, nous avons croisé peu de voyageurs. Alors, un conseil : n’hésitez pas à l’inclure dans votre itinéraire si vous préparez un voyage en Birmanie car vous ne serez pas déçus ! 🙂

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